SearXNG, la recherche qui va chercher ailleurs sans donner votre nom

Taper une requête sur SearXNG revient à envoyer un intermédiaire discret interroger Google, Bing, DuckDuckGo ou Qwant à votre place, puis rapporter les réponses sans jamais révéler qui a posé la question. C’est un méta-moteur de recherche open source : il n’indexe rien lui-même, il agrège les résultats de dizaines de services existants et les mélange dans une seule page. Beaucoup de gens y arrivent en cherchant une alternative à google qui ne se contente pas de changer de logo mais change vraiment la manière dont la requête circule.

Le principe tient en une phrase : la requête passe par le serveur SearXNG, qui la relaie de son côté vers les moteurs sources, récupère leurs réponses et vous les renvoie fusionnées. Google, Bing ou Qwant voient une requête venant du serveur SearXNG, jamais votre adresse IP ni votre historique personnel. Aucun profil publicitaire ne se construit puisque personne, côté moteurs sources, ne sait qui a réellement cherché quoi.

Comment fonctionne l’agrégation chez SearXNG ?

Une recherche classique interroge un seul index. SearXNG, lui, envoie la même requête à plusieurs moteurs en parallèle et compile les réponses selon un score de pertinence propre au logiciel. Le résultat ressemble à une page de recherche ordinaire, sauf que chaque ligne peut provenir d’une source différente : une image via Bing, un résultat texte via Brave, une actualité via Qwant. L’utilisateur voit une synthèse, sans savoir ni se soucier de la provenance exacte de chaque lien.

Cette mécanique a un effet secondaire recherché par ses utilisateurs : elle casse la bulle de filtrage propre à un moteur unique. Puisque plusieurs algorithmes de classement se superposent, les résultats varient davantage d’une recherche à l’autre que sur un moteur fermé qui apprend vos habitudes.

Instance publique ou serveur personnel : que choisir ?

SearXNG n’appartient à personne en particulier. N’importe qui peut installer sa propre instance sur un serveur, un Raspberry Pi ou même en local sur sa machine. Cette liberté explique pourquoi le projet séduit surtout un public technophile : configurer une instance demande un minimum d’aisance avec un terminal, même si des scripts d’installation simplifient beaucoup la démarche.

Pour qui préfère ne rien administrer, des dizaines d’instances publiques tournent déjà, tenues par des bénévoles un peu partout dans le monde. Il suffit d’en choisir une et de la mettre en page d’accueil du navigateur, exactement comme un moteur classique. La contrepartie : il faut faire confiance à l’administrateur de cette instance, qui garde en théorie la capacité de journaliser les requêtes, même si l’esprit du logiciel encourage la transparence sur ce point via une page de statut publique.

  • Instance publique : zéro installation mais confiance à accorder à un tiers bénévole
  • Serveur personnel : contrôle total des logs et des moteurs interrogés, au prix d’un peu de maintenance
  • Usage local (Docker, machine perso) : la solution la plus fermée, réservée aux plus curieux

Que régler dans une instance searx ?

Là où un moteur grand public impose ses choix, SearXNG met presque tout entre les mains de l’utilisateur. Chaque instance searx propose un panneau de préférences permettant d’activer ou de désactiver les moteurs sources un par un, de choisir les catégories actives (web, images, actualités, cartes, vidéos) et même de fixer une langue de recherche par défaut. Les réglages se stockent généralement dans un cookie, sans compte ni identifiant à créer.

Cette souplesse va plus loin que la simple confidentialité. Un utilisateur peut par exemple exclure les moteurs jugés trop intrusifs et ne garder que ceux dont il estime la pertinence suffisante ou basculer temporairement en mode recherche d’images uniquement. Peu de moteurs laissent un tel niveau de contrôle sur leur propre fonctionnement.

SearXNG a-t-il remplacé Searx ?

Le nom SearXNG intrigue souvent ceux qui connaissaient l’ancien projet Searx : il s’agit d’un fork actif né quand le développement initial s’est essoufflé faute de mainteneurs. La communauté a repris le code, corrigé les failles accumulées et relancé un rythme de mises à jour régulier. Aujourd’hui, chercher une instance searx encore maintenue mène presque toujours vers une installation SearXNG plutôt que vers l’ancien projet, resté en sommeil.

Un moteur qui n’appartient à personne reste, par construction, difficile à faire taire.

Ce public reste largement composé d’administrateurs système, de développeurs et de curieux venus du logiciel libre, moins souvent de simples internautes cherchant un remplaçant clé en main à Google. Pour ceux qui préfèrent une solution déjà prête sans serveur à gérer, des services comme Ecosia misent sur un modèle financé par la plantation d’arbres (notre ecosia avis détaille ce fonctionnement), quand startpage moteur de recherche propose plutôt des résultats Google débarrassés du pistage : deux pistes qui méritent chacune un avis détaillé à part entière. SearXNG, lui, reste la voie de ceux qui préfèrent garder la main sur chaque rouage de leur recherche.