Le navigateur Tor, l’outil du quotidien pour naviguer sans laisser de trace
Ouvrir Tor revient à lancer un navigateur qui ressemble à n’importe quel autre, avec une barre d’adresse et des onglets, sauf que chaque page visitée transite par le réseau Tor avant d’atteindre sa destination. Basé sur le code de Firefox, ce navigateur tor ajoute une couche de chiffrement en cascade et fait rebondir la connexion sur trois relais choisis au hasard dans le monde entier. Le résultat : ni le site visité ni le fournisseur d’accès ne reconstituent le trajet complet, contrairement à une navigation classique où l’adresse IP reste visible du premier au dernier maillon.
Qu’est-ce que le navigateur tor exactement ?
Le tor web browser embarque, en plus du moteur Firefox, une série de modules absents des navigateurs grand public : NoScript pour contrôler les scripts, le chiffrement HTTPS forcé sur les sites compatibles et un client Tor qui gère seul les circuits de connexion. Chaque onglet ouvert emprunte un chemin chiffré trois fois : un relais d’entrée, un relais intermédiaire et un relais de sortie, sans qu’aucun des trois ne connaisse à la fois l’origine et la destination de la requête. Le lancement sur un tor navigateur pc démarre toujours par une phase de connexion au réseau, quelques secondes pendant lesquelles l’application établit ses premiers circuits.
Contrairement à un navigateur classique, le navigateur tor refuse par défaut les cookies tiers, bloque le fingerprinting (l’identification via la résolution d’écran, les polices installées ou le fuseau horaire) et affiche la même signature technique pour tous ses utilisateurs. Deux ordinateurs différents lançant Tor apparaissent identiques aux yeux des sites visités, ce qui casse le pistage habituel.
Les trois niveaux de sécurité intégrés au navigateur
L’icône en forme de bouclier, dans la barre d’adresse, ouvre un réglage à trois positions pensé pour équilibrer confort de navigation et protection.
| Niveau | JavaScript | Contenus visuels | Cas d’usage |
|---|---|---|---|
| Standard | Actif sur tous les sites | Vidéos, animations et polices chargées normalement | Navigation courante, sites de confiance |
| Plus sûr | Désactivé sur les sites non-HTTPS | Certaines polices bloquées, médias à activer au clic | Usage quotidien avec une prudence renforcée |
| Le plus sûr | Désactivé partout, y compris en HTTPS | Images cliquables uniquement, sons et vidéos coupés | Recherche sensible ou site inconnu |
Passer d’un niveau à l’autre casse parfois l’affichage d’un site (menus qui ne se déroulent plus, vidéos figées) : le mode Plus sûr reste souvent le meilleur compromis pour un usage régulier, le mode Le plus sûr se réserve aux moments où l’anonymat prime sur le confort.
Nouvelle identité et nouveau circuit : quelles différences ?
Deux fonctions se ressemblent dans le menu du navigateur et prêtent parfois à confusion. La nouvelle identité ferme tous les onglets ouverts, efface l’historique et les cookies de la session puis reconstruit un circuit entier avec trois nouveaux relais : elle correspond à un vrai redémarrage, utile en changeant de contexte de navigation.
Le nouveau circuit pour ce site agit à l’inverse de façon ciblée : il conserve les autres onglets intacts et change uniquement le trajet emprunté par le site actif, sans effacer quoi que ce soit d’autre. Cette option dépanne quand une page refuse de charger ou affiche un CAPTCHA en boucle, un symptôme fréquent quand le relais de sortie assigné est mal vu par le site visité.
Les bonnes pratiques pour ne pas trahir son anonymat
Le navigateur protège la connexion mais certaines habitudes issues d’un usage classique annulent une partie de cet effort :
- Ne jamais agrandir la fenêtre en plein écran : la taille réelle de l’écran devient alors un identifiant unique, l’interface garde volontairement des bordures grises pour uniformiser la résolution affichée
- Éviter d’installer une extension tierce, même réputée fiable : chaque module ajouté distingue une installation des autres et réduit l’anonymat collectif
- Ne pas se connecter à des comptes personnels (réseaux sociaux, messagerie principale, banque) pendant une session sensible : le site reçoit alors une identité réelle malgré le chiffrement du trajet
- Garder le niveau de sécurité adapté au site visité plutôt que de forcer le mode le plus strict partout, au risque de casser l’affichage sans bénéfice réel
- Ouvrir les fichiers téléchargés hors connexion plutôt qu’en ligne : certains formats (PDF, documents bureautiques) contactent Internet en arrière-plan et révèlent l’adresse IP réelle
Une session Tor reste anonyme tant qu’aucune information personnelle ne vient recoller l’identité réelle à la navigation chiffrée.
Télécharger, version mobile et sites .onion : les sujets liés
Installer le navigateur sur un ordinateur suit une procédure propre, détaillée sur la page dédiée au téléchargement de Tor. Sur smartphone, tor téléphone reprend les mêmes principes avec une interface adaptée au tactile, un sujet à part entière avec ses propres réglages. Enfin, une partie du web accessible uniquement via ce navigateur repose sur des adresses en .onion : le site onion mérite lui aussi sa propre explication plutôt qu’un simple aparté ici.
